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I A L F I
Association internationale pour l'apprentissage naturel du langage écrit dès la petite enfance

 

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IALFI est un réseau de chercheurs, linguistes, et praticiens, qui explorent, développent, et appliquent le concept de l'apprentissage précoce de la lecture et de l'écriture comme moyen d'acquisition du langage, par interactions quotidiennes avec les enfants, soit à la maison, soit dans les garderies, jardins d'enfants, écoles maternelles et élémentaires, etc...
Nous appelons notre approche
"l'apprentissage naturel du langage écrit".

Dans la démarche "Apprentissage naturel du langage écrit" les enfants apprennent à lire et écrire naturellement et avec joie, dans l'interaction avec des partenaires leur faisant découvrir la lecture et l'écriture, pour certains (en Suède) dès leur première année de vie. Leur apprentissage a lieu de la même manière que pour le langage oral.

Jeux et activités avec des choses et des mots.
Dès l'âge de 8 mois les enfants sont capables de partager activement et volontairement des expériences avec un partenaire. C'est à ce moment qu'ils commencent à jouer à "coucou, me voilà", à pointer du doigt et nommer des objets. Par exemple, l'enfant ne se lasse jamais de tirer votre nez, vos oreilles, vos cheveux, et vous faire toucher son propre nez, ses oreilles, ses cheveux, disant "nez", "oreille", "cheveux" sur un ton joyeux et amical. L'enfant aime beaucoup qu'on écrive ces mots et qu'on les lui montre, de préférence sur des cartes qu'il peut manipuler lui-même, comme des jouets.

Mots entiers significatifs. Expérience de vie réelle. Interaction joyeuse.
C'est le point de départ : des mots significatifs écrits sur des cartes, où ce qui est dit et ce qui est écrit sont associés à une expérience et font partie d'un jeu. Comme dans l'acquisition du langage oral, les jeux et rituels sont conçus et associés à l'expérience de la vie réelle, au cours d'échanges spontanés et joyeux.

Émotions positives. Initiatives de l'enfant. Aucun enseignement. Aucun matériel préfabriqué.
Les émotions positives de l'enfant sont cruciales : la lecture est faite dans un esprit d'interaction joyeuse. Ainsi la lecture et l'écriture ne doivent jamais devenir une corvée. Si l'enfant ne veut pas entrer dans le jeu ou veut l'arrêter, sa décision doit toujours être respectée. Il faut toujours donner suite aux initiatives de l'enfant. Aucun enseignement conventionnel n'est réalisé. Aucune répétition n'est imposée, hormis les propres répétitions joyeuses de l'enfant dans le cadre des jeux en cours. Aucune répétition ou tests ne sont organisés.

Aucun matériel de lecture préparé d'avance n'est utilisé. Les mots sont inscrits sur des cartes (bristol) pour les conserver ou bien, moins formellement, sur de simples morceaux de papier, qui pourront être ultérieurement jetés. Toute l'écriture est faite en présence de l'enfant et en collaboration avec lui.

Le produit de cette écriture devient votre "matériel didactique", tout comme les énoncés de votre langage quotidien sont le "matériel didactique" du langage oral.

Bientôt l'enfant voudra employer le crayon et le papier, ou l'ordinateur. Pour commencer, il produira seulement des gribouillages, mais peu à peu des configurations de lettres semblables à des mots conventionnels apparaîtront sur l'ordinateur, et dans les "messages" écrits de l'enfant des formes apparaîtront, semblables à des lettres. C'est ici que vous ne devez pas être avare d'éloges et apporter une aide si l'enfant le souhaite.

Développement parallèle du langage écrit et du langage oral.
La lecture partagée et l'écriture évolueront de mots isolés aux expressions et aux petites phrases en même temps que se développent les capacités linguistiques de l'enfant. Dans ce processus, l'empreinte environnementale jouera un rôle important. La lecture quotidienne à haute voix de livres à l'enfant lui donnera également de nombreuses occasions d'identifier des mots déjà connus dans le texte, d'en découvrir de nouveaux et d'en demander la signification.
Assurez-vous toutefois que le jeune lecteur puisse voir à la fois le texte et les images!
L'enfant voudra aussi participer à d'autres activités d'écriture: utilisation de l'ordinateur, signature de cartes postales, écriture de listes aide-mémoire, etc... (cf. plus bas).

Accès à la culture.
De cette manière, par la découverte, la pratique, et l'apprentissage naturel, en relation avec des adultes cultivés dans une société lettrée, l'enfant se familiarisera avec le langage écrit. Le progrès sera continu au fil des années, variant d'un enfant à l'autre, certains étant extrêmement précoces, tandis que d'autres prendront leur temps avant d'être des lecteurs véritables et des scripteurs autonomes. Il est à noter que cette différence existe également dans l'acquisition du langage oral sans que cela soit extrêmement gênant. Dans nos milieux élitistes, cependant, où l'on apprend la lecture et l'écriture académiquement dans les écoles, à partir d'un âge arbitrairement déterminé, on s'attend à ce que chacun suive rigoureusement le curriculum, et peu de variation est tolérée par rapport à la "norme" !

La lecture pour l'enfant en bas âge
a été d'abord pratiquée à la maison, avec les parents, souvent dans des familles de classe moyenne, intellectuellement cultivées. Plus tard elle s'est étendue progressivement dans des garderies, des jardins d'enfants, etc… qui ne sont pas inclus dans le système scolaire officiel, où les règles prescrivent cet enseignement à un âge variant dans différents pays entre cinq et sept ans. Ces organismes ont permis à des bénévoles d'évoluer de l'attitude éducative traditionnelle vers un accompagnement dans la découverte de la lecture et de l'écriture.
En France, des écoles maternelles utilisent cette démarche depuis 1995.
En Suède, les garderies appliquent cette pratique depuis 1988, d'abord avec des enfants de 2 à 6 ans, puis avec des enfants de 1 - 2 ans.

Recherches sur l'apprentissage naturel du langage écrit dès la petite enfance.
Les données expérimentales disponibles sur les enfants ayant appris à lire et écrire de la manière décrite ici ont révélé comment ils ont tous commencé à prêter l'attention à la forme des mots, aux configurations des lettres, et aux lettres isolées. Prenant simultanément conscience et prêtant attention à la structure du son des mots parlés correspondants, ils "brisent" finalement le code alphabétique, c'est-à-dire découvrent comment les lettres et les groupes de lettres s'apparentent aux sons. Cela leur permet de "lire" des mots qu'ils n'ont jamais vu auparavant et de déchiffrer des textes qui sont nouveaux pour eux.

La première étude démontrant le processus de découverte du code - concernant une fillette Suédoise - a été publiée par Ragnhild Söderbergh en 1971 : " Reading in Early Childhood" (Lecture dans la petite enfance) (Stockholm : Almqvist et Wiksell), et rééditée plus tard chez "Georgetown University Press", (1977).
Des études semblables ont plus tard été réalisées avec des enfants ayant d'autres langues maternelles, telles l'anglais, l'espagnol, le serbo-croate, le français et le finnois.

La compréhension conventionnelle du processus de lecture.
Ainsi notre expérience a bouleversé la compréhension conventionnelle du processus de lecture, c'est-à-dire l'idée que les séquences sonores doivent être acquises en premier lieu, auxquelles les formes écrites sont ensuite associées. Au lieu de cela, nous avons pu démontrer que l'enfant qui est confronté au langage écrit en parallèle avec l'acquisition du langage oral analyse et intègre les deux modes simultanément.

L'enfant face à l'écrit.
La manière dont l'apprentissage naturel du langage écrit dès la petite enfance a été introduite dans les garderies suédoises a permis de porter une attention particulière sur le processus d'acquisition de l'écriture dans le processus d'apprentissage de l'enfant. Des enfants un peu plus âgés, autour de quatre ans, semblent prendre eux-mêmes un grand intérêt dans la production de textes. Ce point a, depuis lors, fortement attiré l'attention des chercheurs dans la mouvance de "l'alphabétisation précoce". Placée dans le contexte de l'apprentissage naturel de la lecture dès la petite enfance, cette constatation peut amener une meilleure compréhension du rôle de l'écriture par rapport à la lecture dans le processus global d'alphabétisation.

Les données accumulées jusqu'à présent semblent indiquer que les enfants utilisent différentes stratégies, les uns préférant s'approprier l'écrit par le biais de la lecture, d'autres directement en écrivant.

Bilinguisme. Surdité. Handicaps verbaux.
Les études et la pratique montrent que l'apprentissage naturel du langage écrit dès la petite enfance peut promouvoir et faciliter le bilinguisme. Cela a également été vérifié avec des enfants sourds et des enfants victimes d'une dysphasie liée au développement, ainsi qu'avec des enfants porteurs de Trisomie 21. La lecture a eu ici une influence positive sur le développement du langage oral des enfants.

Expériences antérieures de lecture précoce.
La plus grande partie des travaux de recherches entre 1960 et 1970, consacrés à ce qu'on pourrait appeler "la lecture précoce" a été à l'origine déclenchée par le livre de Glenn Doman de 1964 "How to Teach your Baby to Read" (Comment apprendre à lire à votre bébé). Mais au fur et à mesure que la pratique et la recherche progressaient, les partisans de l'apprentissage naturel de la lecture dès la petite enfance se sont écartés de l'approche de Doman, étant donné que sa pratique est très éloignée d'un apprentissage naturel.

En Suède, cependant, nous avons découvert que l'idée de l'apprentissage de la lecture dès la petite enfance, en jouant, était connue dès la fin du 18ème siècle. Un ecclésiastique - Israel Gustaf Wänman - a publié en effet en l'an 1800, sous le pseudonyme de Cadmus, un livret destiné aux parents : "Le cadeau de Noël, ou la voie la plus facile par laquelle de petits enfants peuvent apprendre à lire". Inspiré par la nouvelle philosophie du Romantisme centrée sur l'enfant, il recommandait un "jeu de la lecture", à pratiquer par le parent et l'enfant, et débutant lorsque l'enfant commence à peine à parler. En interaction naturelle avec leur enfant, les parents devaient employer des cartes sur lesquelles des mots entiers étaient écrits. Ceux-ci devaient être des mots présentant un intérêt particulier pour l'enfant. "Le jeu des cartes" devait avoir lieu dans un esprit de plaisir et de divertissement. Aucune obligation ne devait jamais être imposée à l'enfant. Une lecture attentive de Cadmus montre qu'il était déjà convaincu de l'intérêt de l'apprentissage de la lecture dès la petite enfance. Il est ainsi devenu habituel parmi les enseignants des garderies suédoises de parler de l'apprentissage naturel du langage écrit dès la petite enfance comme étant la "Méthode Cadmus".

Historique de l'IALFI
Les origines de l'IALFI remontent au début des années 1980, lors de la création d'une association nommée IPRA .

En 1983, "l'association internationale de lecture préscolaire" [ International Preschool Reading Association (IPRA) ] fut fondée par le professeur Robert Lado de l'Université de Georgetown, et le professeur Theodore Andersson de l'Université du Texas à Austin, lequel fut le premier président de l'association. Son but était de "promouvoir la lecture préscolaire et inspirer des travaux de recherches productifs dans autant de pays que possible".
Un bulletin (newsletter) fut publié, édité par le Dr. Caridad Inda, secrétaire-trésorière de l'IPRA.

Le 15 mars 1984, le Premier Symposium sur la Lecture Précoce fut tenu à l'Université de Georgetown, commandité par l'IPRA. Six mois plus tard, la structure organisationnelle du numéro hivernal trimestriel du bulletin montrait que Theodore Andersson était maintenant assisté par un vice-président — Dr. Robert Lado — et une vice-présidente aux liaisons internationales, la Dr. Raghhild Söderbergh.
De plus, des représentants de neuf pays s'étaient joints à l'équipe (de l'Australie, de Belgique, du Canada, du Danemark, de l'Équateur, de la France, du Mexique, de la Suède et de l'Uruguay).
Pendant plusieurs années, de très intéressants articles furent publiés dans le bulletin — grâce au dévouement de l'éditrice du bulletin, Caridad Inda.
Robert Lado et Theodore Andersson avaient un intérêt commun pour un domaine particulier de recherche — celui du bilinguisme, principalement pour le bilinguisme anglais-espagnol. Dès le début des années 1970, tous deux avaient déjà réalisé à quel point important le bilinguisme était un support pour le bi-culturalisme, particulièrement le bi-culturalisme acquis à l'âge pré-scolaire. “ Le Programme Lado de développement précoce de la lecture ” fut réalisé à cette fin. D'intéressants articles à ce sujet peuvent être consultés dans le bulletin de l'IPRA.

Un moment vint pourtant où le Dr. Lado exprima le souhait de se retirer de ses responsabilités à l'IPRA pour consacrer son temps à ses écoles aux États-Unis et au Japon. En 1990, l'IPRA fit donc l'objet d'une réorganisation majeure et fut renommée IALFI — International Association for Literacy From Infancy — avec Ragnhild Söderbergh comme présidente et Carol Evans comme secrétaire.
Étant donné que l'IALFI n'avait aucune source de financement, elle développa un réseau de chercheurs et praticiens dévoués à la lecture et l'écriture précoce, avec une petit bulletin annuel distribué aux membres par Carol Evans et Ragnhild Söderbergh.
Mais la recherche et de nouvelles idées et pratiques ont continué à se développer, et les 12 dernières années ont été des plus fructueuses.

Littérature Suggérée.
Si vous voulez en savoir plus sur l'apprentissage naturel du langage écrit, nous vous recommandons les publications ci-dessous.
Toutes contiennent des bibliographies.

- Ragnhild Söderbergh. "Reading and writing as language acquisition from the first year of life"
(Lecture et écriture comme acquisition du langage dès la première année de vie).
(Actes du symposium OBEMLA, Washington DC, mars 2000) [en anglais]

- Rachel Cohen & Ragnhild Söderbergh. "Apprendre à lire avant de savoir parler",
Albin Michel Éducation, Paris 1999.
(Une conception révolutionnaire de l'apprentissage de la lecture. )

- Françoise Boulanger. "Le bonheur d'apprendre à lire", Éditions NATHAN, Paris, Août 2002.
(Accompagner son enfant de 2 à 5 ans dans l'apprentissage naturel du langage écrit dès la petite enfance).
Réédition du livre "Lire à 3 ans" (Même éditeur, 1992).

- André Michaud. "Les fondements neurolinguistiques de l'intelligence" (Nécessité de l'apprentissage précoce de la lecture)
Les Editions SRP (Québec) (2001).
(Exposé soumis au XII° Symposium International sur la Révision des Sciences Naturelles , Moscou, avril 2001).

-
Jeanine Cougnenc. "Un enseignement/apprentissage moderne de la lecture",
Les Editions SRP (Québec) (2002)
(Synthèse des recherches de cette pédagogue française
sur l'apprentissage précoce de la lecture).


Pour devenir membre de l'IALFI.
Les chercheurs et les praticiens qui travaillent ou veulent travailler en conformité avec le concept de "l'apprentissage naturel du langage écrit dès la petite enfance" sont invités à rejoindre l'IALFI.

Un bulletin annuel est diffusé parmi ses membres pour les informer des plus récents développements.

ÉCRIVEZ à la Présidente de l'IALFI :

Professor Ragnhild Söderbergh, Brahegatan 28, SE-114 37 Stockholm, Sweden.



Responsable du site : René Angel
Dernière mise à jour : 16.6.2011